Les directeurs des exploitations agricoles des établissements d’enseignement agricole du Grand Est étaient rassemblés au lycée de Châlons en Champagne le 11 avril dernier. Ce fût l’occasion de partager une réflexion commune sur les enjeux d’adaptation au changement climatique à partir de l’exemple de la ferme du lycée de Somme-Vesle située dans le nord-est de la Marne. Depuis 2017, Solagro réalise une évaluation de la vulnérabilité climatique de l’exploitation dans le cadre d’un projet européen Life AgriAdapt, qui expérimente plus largement cette démarche sur un réseau de 120 fermes situées dans 4 pays différents en Europe.

Les dérèglements climatiques observés localement sont multiples : réduction tendancielle du nombre de jours de gel par an, augmentation de la fréquence et durée des périodes sèches, des vagues de chaleur dont l’amplitude surprend, ou bien des précipitations très intenses associées à un faible rayonnement comme en juin 2016, avec pour conséquence les plus mauvais rendements jamais observés depuis des décennies sur la ferme, et plus largement dans la région de Champagne (-50% pour le blé tendre, -60% pour le pois protéagineux).

Le responsable de la ferme de Somme-Vesle évoque les mesures d’adaptations déjà engagées permettant d’atteindre plus de résilience : la ferme comprend 240 ha de sols à très forte réserve hydrique ce qui permet de limiter les impacts liés aux déficits hydriques. L’assolement est composé de 7 cultures différentes (blé tendre, betteraves, luzerne déshydratée, orge, colza, pois protéagineux, miscanthus) répartissant ainsi les risques climatiques en étalant les stades de sensibilité sur l’ensemble de la campagne culturale. Une grande attention est portée au choix des variétés pour les principales cultures (résistance au froid, aux maladies), et à leur diversité (surface limitée par variété) dans un objectif de complémentarité face à des risques climatiques multiples.

Enfin, il est possible d’envisager des mesures d’adaptation à mettre en place à moyen terme : choisir des cultures en fonction de nouveaux critères comme l’échaudage dont l’intensité va augmenter dans le futur proche, de réaliser des mélanges de variétés au sein d’une parcelle, ou bien d’anticiper l’introduction d’une nouvelle culture principale en remplacement progressivement du pois protéagineux qui risque d’être régulièrement trop impacté par des températures trop élevées lors de la période de floraison.

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